Les enjeux de fin de vie

La futilité et l'acharnement thérapeutique

En cours de révision

On trouve plusieurs définitions des notions de futilité et d’acharnement thérapeutique. Pour les fins de ce document, un traitement est généralement considéré comme « médicalement futile » ou non bénéfique s’il n’offre au patient aucun espoir raisonnable de guérison, d’amélioration ni aucun avantage quelconque. Trois questions permettent d’évaluer la futilité d’un traitement :

  • L’intervention proposée répond-elle aux attentes du patient?
  • L’intervention proposée entraîne-t-elle  des effets nuisibles supérieurs aux bénéfices escomptés?
  • L’intervention proposée offre-t-elle globalement un bénéfice au patient?

On ne peut évaluer le caractère acharné ou futile d’un traitement médical sans tenir compte du point de vue du patient lui-même et de ses proches. Cependant, le médecin doit s’efforcer de poser un jugement objectif conformément à ses obligations déontologiques. À cet égard, le Code de déontologie des médecins mentionne, aux articles 50 et 58 :

« Le médecin ne doit fournir un soin ou émettre une ordonnance que si ceux-ci sont médicalement nécessaires. » (art. 50)

« Le médecin doit agir de telle sorte que le décès d’un patient qui lui paraît inévitable survienne dans la dignité. Il doit assurer à ce patient le soutien et le soulagement appropriés. » (art. 58)

Même s’il n’existe nulle part de dispositions législatives le précisant explicitement, on s’entend généralement pour dire que le médecin n’est pas tenu d’offrir des soins non requis par l’état de santé du patient. En fin de vie, plus particulièrement, il doit déterminer, avec la compétence nécessaire et selon les règles de l’éthique professionnelle, les traitements compatibles avec une mort sereine et digne, et refuser de se faire imposer par le patient ou sa famille des interventions farfelues.

À l’instar de la recherche  du consentement libre et éclairé, la détermination des traitements et de leur intensité en fin de vie repose sur l’information, l’écoute et le dialogue. Le médecin et le patient ont à apprivoiser la mort pour pouvoir en parler et s’entendre sur l’accompagnement requis médicalement et souhaité par le patient.

Dernière mise à jour: 2010-10-10