Les enjeux de fin de vie

La cessation de traitement

En cours de révision

CAS CLINIQUE 
Nancy B. est âgée de 23 ans lorsqu’elle est admise à l’hôpital. Deux ans plus tard, elle demeure totalement dépendante du respirateur en raison du syndrome de Guillain-Barré dont elle souffre. Elle demande qu’on débranche le respirateur.
Que faites-vous ?

L’exemple de Nancy B. est un cas réel soumis aux tribunaux, à Québec, en 1992. Le recours à la justice a été provoqué par l’ambiguïté vécue sur le plan clinique. En effet, le Code criminel, de juridiction fédérale, véhicule encore de nos jours des imprécisions quant aux implications légales de la cessation d’un traitement. Ce recours aux tribunaux a permis de confirmer le fait qu’un médecin qui débranche un respirateur en réponse à la requête libre et éclairée d’un patient ne commet ni un acte déraisonnable ni une négligence criminelle. Ce geste ne peut donc être considéré comme un homicide. À la lecture du jugement, il est clair qu’il s’agit d’un cas de refus de traitement et que le respect de l’autonomie et du consentement libre et éclairé du patient prévalent dans ces cas. En fait, l’interruption de traitement pose un problème lorsque la personne ne peut cesser elle-même son traitement et que cette interruption nécessite la participation d’un tiers. En l’occurrence, le médecin devait accepter de mettre fin au traitement à la demande de Nancy B. La situation est différente lorsqu’un patient autonome refuse de poursuivre son  traitement; dans ce cas, il s’agit tout simplement, pour ce patient, de cesser de se présenter pour le traitement, d’arrêter de prendre ses médicaments ou de signer un refus de traitement.

Habituellement, la question de la cessation du traitement est soulevée lorsque l’autonomie physique d’un patient est compromise. Cette question en soulève une autre, qui porte cette fois sur le traitement proportionné par opposition au traitement disproportionné. Ces notions nous aident à mieux évaluer les choix qui sont raisonnables compte tenu du diagnostic, d’une part, et de l’intensité thérapeutique recherchée, d’autre part. Les soins seront considérés comme proportionnés ou disproportionnés selon que l’objectif poursuivi est la guérison, le maintien ou le soulagement du patient. Si la guérison ou même la rémission ne sont pas possibles, les soins de maintien ou de soutien peuvent être les seuls pertinents et souhaités.

Il importe que les soins de maintien ou de soutien n’entrent pas en conflit avec le devoir de soulagement auquel nul médecin ne peut se soustraire. À ce propos, le Code de déontologie des médecins précise, à l’article 58 :

« Le médecin doit agir de telle sorte que le décès d’un patient qui lui paraît inévitable survienne dans la dignité. Il doit assurer à ce patient le soutien et le soulagement appropriés. »

L’analgésie de confort est, par exemple, une approche largement appliquée en soins palliatifs.

L’histoire de Nancy B. a mis en évidence le conflit qui, pour  plusieurs, peut encore exister entre le principe du respect de  l’autonomie du patient et celui du caractère sacré de la vie. D’ailleurs, dans le sillon de ce débat juridique, les questions de suicide assisté et d’euthanasie ont surgi.

 

Dernière mise à jour: 2010-10-10